Un atelier OPUS : Recherche et sciences participatives à la Bnu !
Mardi 26 mai 2026, les équipes de la Bibliothèque nationale et universitaire accompagnées par des chercheurs de l’Université de Strasbourg ont pu bénéficier d’une formation sur les « Recherche et Sciences participatives », avec l’équipe du Pôle Open University of Strasbourg (OPUS).
C’était une première pour la Bnu qui souhaite s’investir dans ce domaine, persuadée que les structures culturelles et les bibliothèques dotées d’un riche patrimoine scientifique peuvent s’insérer dans le mouvement des RSP. Merci à OPUS qui s’est mobilisé pour cet après-midi d’échanges et d’ateliers, première étape de la réflexion, pour mieux comprendre ce que recouvrent les RSP : un concept qui doit être coconstruit entre chercheurs et membres de la société civile et où chaque partie “cherche avec” l’autre. De premières pistes émergent à la fois pour accompagner les chercheurs sur des projets spécifiques, à la fois pour élaborer une stratégie en ce domaine propre à l’établissement, pourquoi pas autour de son patrimoine régional ancien et numérique ?

Le contexte international et national des recherches et sciences participatives
International : « Open Science », cf. Rapport UNESCO et développement des RSPs en Europe et en France à partir de la fin des années 2010.
En France: Rapport « Les RSPsen France » François Houiller et al., 2016 et « Charte des sciences et recherches participatives », 2017 : définition de la nomenclature Recherches et sciences participatives.
« (…) Des formes de production de connaissances scientifiques auxquelles participent… avec des chercheurs, des acteurs de la société civile, à titre individuel ou collectif, de façon active et délibérée. » (extrait de la Charte, 2017, in MEZIERE et al., 2021, p.29).
Les recherches et sciences participatives est un mouvement plus qu’une catégorie figée, nourri depuis divers courants de la recherche et de la société : Recherche-action, Recherche-création, Recherche communautaire, Epistémologies féministes, Sociologie et philosophie des sciences, Sociétés d’amateurs en naturalisme, archéologie, astronomie…, Education populaire, Associations de patients, Démocratie participative.
Focus sur l’échelle de Muki Haklay : comprendre les différents niveaux de participation citoyenne dans la recherche.

Dans les recherches et sciences participatives, la participation des citoyens peut prendre des formes variées. Le chercheur Muki Haklay a proposé une échelle qui permet de caractériser les différents niveaux de participation citoyenne dans les projets de recherche :
- Le crowdsourcing : les citoyens contribuent principalement à la collecte de données.
- L’intelligence distribuée : les participants contribuent à l’interprétation, à la classification ou à l’analyse des données, en mettant à profit leurs observations et connaissances.
- La recherche participative : citoyens et chercheurs collaborent ensemble. Les participants peuvent être impliqués dans plusieurs étapes du projet, de la définition de la question de recherche à l’analyse des résultats.
- La collaboration complète : les citoyens sont impliqués dans l’ensemble du processus de recherche. Ils participent à l’identification de la problématique, à la conception du projet, à la production des connaissances et leur diffusion.
Cette échelle permet de mieux comprendre la diversité des formes de participation et de réfléchir à la place accordée aux citoyens dans les projets de recherches.
Quelques points à considérer
- Les modalités concrètes de la participation et le degré d’implication : À quelles étapes de la recherche les participants prennent-ils part ?
- La posture des acteurs et leurs enjeux : Réflexivité, savoirs situés, inclusion des personnes concernées, pluralité de points de vue.
- La gouvernance de la démarche : Règles de décision, partage des responsabilités, transparence.
- L’ouverture et l’accessibilité : Accès aux données de recherche, potentiel de dissémination, acculturation.
Pour quelles finalités possibles ?
- La production de connaissances nouvelles : Se distingue d’autres types de participation, comme la démocratie participative, la gestion participative d’une ressource, l’approche usager…
- La reconnaissance des savoirs non académiques et le dialogue entre savoirs : Expérientiels, culturels, professionnels, sociaux…
- La montée en compétences : Processus apprenant réciproque tout au long de la démarche.
- La transformation sociétale : Renforcement du pouvoir d’agir, appui à l’action et/ou à la prise de décision.
Les RSP se veulent donc un tournant épistémologique où on se demande qui produit le savoir ? Qui a le droit de savoir ? Le savoir est pluriel et les savoirs d’expérience sont légitimes. La connaissance se co-produit. Les RSP ne collectent pas des données sur la société, elles construisent le savoir avec elle. L’enjeu est donc de reconnaitre tous les participants comme de véritables producteurs de savoirs.




👉 Découvrez le pôle OPUS : opus.unistra.fr. A savoir : Le projet Open University of Strasbourg (Opus) participe des relations science-société et monde socio-économique de l’Université. Issu du 3e programme d’investissements d’avenir (PIA3) et de l’appel à projets IDéES piloté par l’Agence nationale de la recherche (ANR), il se déroule sur 8 ans, de juin 2021 à juin 2029.
Photos : O. Kettler (OPUS). Mention spéciale à : Emeline Dufrennoy, Cassandra Fayet Fanny Faccenda Clara C. Iyas Al Shouli Mathilde VELLE, Adèle Thiphagne
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Catherine Désos-Warnier (15 juin 2026). Un atelier OPUS : Recherche et sciences participatives à la Bnu ! Lieu de recherche : le carnet de la Bnu. Consulté le 11 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16e8w





