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Parution de la Revue de la Bnu n°33

« Intelligences » artificielles : la machine à fantasmes ?

Avec ce numéro, La Revue de la BNU s’engage dans une réflexion qui touche de plein fouet les bibliothèques et leur mission première d’accès au savoir : celle que suscite l’irruption, dans presque tous les domaines de la société et de la vie humaine, de l’intelligence artificielle, et les craintes que celle-ci fait naître. Mais on ne trouvera pas ici un numéro de plus sur l’« IA ». Nous cherchons bien plutôt à interroger l’histoire du concept, et aussi la façon dont il a été précédé par ce qu’on peut appeler les « techniques de l’intelligence » : recours aux machines, imitation par celles-ci de l’activité du cerveau humain, irruption des robots, et au-delà, tentation du savoir universel et des manipulations, comme des jeux de pouvoir, que celle-ci peut susciter…

En quelques mots

En quelques années, l’intelligence artificielle s’est imposée dans le débat public, suscitant fascination, inquiétude, espoirs et parfois confusions. Car il ne s’agit pas seulement d’une évolution technique. L’intelligence artificielle engage des choix de société. Elle interroge notre rapport au savoir, à la vérité, à la création, mais aussi à la souveraineté des données, à l’indépendance des institutions publiques et aux conditions de production et de diffusion des connaissances. Elle s’invite aussi, et ce depuis longtemps, dans notre imaginaire, avec la figure du robot qui en est sans doute l’emblème le plus visible et qu’on retrouve aussi bien dans la littérature que dans l’art ou même la musique.

Mais face à cette « machine à fantasmes », La Revue entend rappeler, à l’heure où les esprits s’emballent volontiers et où la tentation des idées simples apparaît parfois comme un réconfort face à un monde incertain, que l’artifice même a une histoire et que le cyborg, le cyberpunk, le trans- et le post-humanismes s’inscrivent dans la longue chaîne de l’évolution de la pensée et de ses représentations. Déconstruire le fantasme ne dissipe certes pas toutes les peurs qu’il suscite ; cela permet par contre de les relativiser et, du moins nous l’espérons, de pouvoir se poser ensuite les bonnes questions.

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Sommaire

Figures du vivant simulé : de l’avatar « intelligent » aux mythes fondateurs → par Alexandrine Bonoron
Comment les objets computationnels (dé)composent le réel → par Giulia Ferretti
Intelligences « autonomes », intelligence collective : Paul Otlet et Norbert Wiener → par Florence Jamet-Pinkiewicz
La machine à associations d’idées → par Laura Sibony
OK Computer : imaginaires technologiques et musique populaire → par Catherine Eloi
La machine dans la musique concrète : une interface manuelle pour décrypter l’homme → par Guillaume Dubigny
Du cyberpunk au post-cyberpunk : quand l’humain s’efface au profit du post-humain ? → par Guillaume Bagnolini
Échos de lectures ou de visites : ce qu’en disent les membres du comité scientifique de La Revue
L’OBJET : Les mains d’un poète → par Daniel Bornemann
L’INÉDIT : Avant la singularité → par Leena Krohn
VARIA : « Quelque part entre deux mondes » : tribulations et sauvetage d’un manuscrit en persan → par Thierry Aubry, Daniel Bornemann, Emmanuelle Couvert et Emmanuel Marine

Valentin Koch
Valentin Koch
Chargé d'édition et de diffusion, Bnu éditions

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Valentin Koch (23 mai 2026). Parution de la Revue de la Bnu n°33. Lieu de recherche : le carnet de la Bnu. Consulté le 10 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/169ly


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