Appel à communication jusqu’au 23 mars : JE EDISHOC De la pièce indépendante à l’objet composite : les apports de l’édition numérique
Journée d’étude organisée par Véronique Lochert et Anne Réach-Ngô dans le cadre du projet EDISHOC (Édition de Sources Hétérogènes et d’Œuvres Composites XVIe–XVIIe siècles)
Bibliothèque Nationale et Universitaire (Strasbourg) mercredi 6 mai (14h) – jeudi 7 mai (14h) 2026
Recueils poétiques, corpus de libelles ou dossiers de recherches, tous ces ensembles de textes ont en commun de produire du sens à travers le rassemblement de matériaux hétérogènes. La saisie concomitante de la singularité des différents éléments et de l’effet produit par leur réunion est nécessaire à la compréhension de leurs enjeux et à leur exploitation scientifique. Que les ensembles soient constitués du fait d’un auteur, d’un éditeur ou d’un chercheur contemporain, dans une perspective poétique, polémique ou de documentation, ils posent des questions apparentées quand il s’agit de les éditer pour les rendre accessibles.
Ce sont ces pratiques éditoriales que la journée d’étude souhaite examiner en invitant littéraires et historiens à confronter leurs méthodes pour le traitement de corpus complexes des XVIe et XVIIe siècles. Il s’agit d’analyser comment le recours aux outils de l’édition numérique (transcription semi-automatisée, encodage en XML-TEI et recours à des bases de données communes pour l’enrichissement de l’annotation, techniques de visualisation des notes, jeux de renvois, moteurs de recherche avancée pour l’exploitation des données) transforme l’édition critique et favorise les rapprochements entre l’édition de sources historiques et celle d’œuvres littéraires, qui appartiennent à des traditions ecdotiques distinctes.
On pourra distinguer différents types d’objet composite afin d’interroger et de comparer les démarches éditoriales qu’ils appellent :
- Le premier type d’ensemble correspond à une œuvre composite produite par une intention éditoriale au XVIe ou au XVIIe siècle. Il s’agit d’œuvres rassemblant des écrits, qui peuvent avoir été produits à des périodes différentes et par différents auteurs : généalogies de maisons nobles, collections de « pièces d’histoire », « livres de raison », recueils poétiques, narratifs ou épistolaires, anthologies, œuvres complètes, etc. Leur édition critique peut viser à restituer certains des éléments qui les composent dans le contexte original de leur production et de leur diffusion, tout en donnant accès aux ensembles auxquels ils appartiennent.
- Le deuxième type d’objet est constitué par les œuvres historiques et littéraires (chroniques, romans, mémoires, récits épistolaires, biographies historiques) qui se caractérisent par l’intégration de divers documents (lettres reçues, extraits d’ordonnances, fragments de relations imprimées, journaux, souvenirs réécrits, poèmes intégrés dans la trame d’un texte en prose). Ces documents connaissent différentes transformations et sont mentionnés de manière explicite ou plus allusive. L’édition critique s’efforce d’identifier ces textes dont les œuvres se sont nourries et d’éclairer ainsi leur genèse. Convoqués dans l’introduction et les notes d’une édition papier, ces sources peuvent être rendues accessibles et mises en relation avec l’œuvre dans un dispositif numérique.
- Enfin, un troisième cas concerne des ensembles constitués en corpus par des chercheurs.ses contemporain.e.s en raison de leur appartenance à un même genre ou de leur partage d’une même visée, bien que les écrits qui les composent aient été produits et diffusés indépendamment les uns des autres : feuilles volantes, mazarinades, factums et mémoires judiciaires, écrits poétiques ou satiriques, extraits de registre de parlement, calendriers, recueils d’anecdotes, etc. C’est alors leur insertion au sein d’un même dispositif d’édition numérique qui oriente leur signification et leur portée. L’édition produit des effets d’homogénéisation à travers la définition de protocoles communs (transcription, normalisation, encodage, annotation…) tout en respectant la spécificité de chaque pièce (langue, caractéristiques de la mise en page, etc.). Elle définit les critères de la mise en série (chronologique, thématique, discursif…) et détermine la structuration de l’ensemble constitué par les différents documents.
La journée s’organisera en deux sessions complémentaires :
- La première aura lieu le mardi 6 mai après-midi et accueillera des communications de 20 minutes portant sur la dynamique qui unit les pièces singulières d’un corpus ou d’un dossier préparatoire à l’ensemble final, proposé au public sous la forme d’un objet numérique dont on analysera les modalités de présentation (base de données, bibliothèque numérique, édition critique sur un site indépendant, etc.).
- La seconde aura lieu le mercredi 7 mai matin et prendra la forme d’une table ronde qui réunira des ingénieur.e.s d’études et les chercheurs et chercheuses avec qui ils travaillent, afin d’étudier comment mettre en place des modèles documentaires permettant de traduire techniquement l’enjeu de la dynamique entre les parties et le tout.
Les propositions d’intervention, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer conjointement à Véronique Lochert (veronique.lochert@uha.fr) et Anne Réach-Ngô (anne.reach-ngo@uha.fr) avant le 10 mars le 23 mars (date repoussée).
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Catherine Désos-Warnier (16 mars 2026). Appel à communication jusqu’au 23 mars : JE EDISHOC De la pièce indépendante à l’objet composite : les apports de l’édition numérique. Lieu de recherche : le carnet de la Bnu. Consulté le 11 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15vu9





